Migraine chronique
On parle de migraine chronique lorsqu’une personne présente ≥ 15 jours de céphalées par mois pendant au moins trois mois, dont ≥ 8 jours avec des caractéristiques migraineuses (douleur pulsatile, photophobie, phonophobie ou nausées). Elle résulte souvent d’une migraine épisodique mal contrôlée.
Phases d’une migraine
1. Prodrome : bâillements, fringales, raideur cervicale, irritabilité
2. Aura (≈ 25 %) : phénomènes visuels, troubles sensitifs, difficultés d’élocution
3. Phase douloureuse : douleur pulsatile ou en pression, nausées, hypersensibilité aux sons/lumières
4. Postdrome : fatigue, brouillard cérébral, hypersensibilité persistante
Déclencheurs fréquents
- Stress, manque de sommeil, jet lag
- Variations hormonales (baisse d’œstrogènes autour des règles)
- Aliments/photosensibilisants : vin rouge, fromages affinés, glutamate, édulcorants
- Déshydratation, jeûne, caféine excessive
- Conditions météorologiques, lumière crue, odeurs fortes
- Surconsommation de médicaments de crise (céphalée par abus médicamenteux)
Diagnostic
- Interrogatoire détaillé + journal des céphalées (douleur, durée, traitements, cycle menstruel, sommeil)
- Examen neurologique pour écarter une cause secondaire
- IRM/clichés si signes d’alerte : céphalée « coup de tonnerre », déficit neurologique, âge > 50 ans, immunodépression
- Bilan biologique ciblé (thyroïde, anémie, carences vitaminiques) si suspicion
Prise en charge
Fondations hygiéno-diététiques
- Sommeil régulier (même horaire de coucher/réveil)
- Hydratation suffisante + repas équilibrés et réguliers
- Activité physique d’intensité modérée 3–4 fois/semaine
- Techniques de gestion du stress : méditation, respiration, TCC, biofeedback
- Utilisation de filtres anti-lumière bleue, lunettes teintées ou bouchons d’oreille selon les déclencheurs
Traitements de crise
- Antalgiques/anti-inflammatoires (AINS, paracétamol ± caféine) ≤ 15 jours/mois
- Triptans ou ditans (lasmiditan) pour crises modérées à sévères (≤ 10 jours/mois)
- Gepants oraux (ubrogepant, rimegepant) en alternative aux triptans
- Antinauséeux (métoclopramide, dompéridone)
- Neuromodulation portable (Nerivio, stimulation vagale externe)
Traitements préventifs
- Médicaments oraux : bêta-bloquants (propranolol), topiramate, valproate, antidépresseurs tricycliques, candesartan
- Anticorps anti-CGRP (erenumab, fremanezumab, galcanezumab, eptinezumab)
- Antagonistes oraux du CGRP (atogepant, rimegepant) pour une prise quotidienne
- OnabotulinumtoxineA (Botox) toutes les 12 semaines pour la migraine chronique
- Neuromodulation : TMS simple impulsion, stimulation trigéminale externe
Céphalée par abus médicamenteux
Limiter les traitements aigus selon les seuils ci-dessus. En cas d’abus :
1. Détoxification supervisée (réduction progressive ou arrêt brutal selon la molécule)
2. Traitements de transition (anti-inflammatoires, corticoïdes, antiémétiques)
3. Mise en place rapide d’une prophylaxie efficace + accompagnement psychologique
Vivre avec la migraine
- Tenir un journal détaillé (douleur, aura, déclencheurs, médicaments, sommeil, cycle)
- Constituer une trousse « urgence » : hydratation, glaçons, masque de sommeil, bouchons d’oreille
- Négocier des aménagements (télétravail, éclairage adapté, pauses planifiées)
- Travailler sur la comorbidité anxiété/dépression avec un·e thérapeute
- Maintenir un réseau social actif pour limiter l’isolement
Complications possibles
- Céphalée par abus médicamenteux
- Troubles anxiodépressifs, insomnie, absentéisme professionnel
- Risque légèrement accru d’AVC ischémique chez les femmes migraineuses avec aura qui fument ou prennent des œstrogènes
Recherche et innovations
- Anticorps anti-PACAP : nouvelle cible pour les patient·es réfractaires au CGRP.
- Formulations intranasales ultra-rapides et nanoparticules oxygénées pour bloquer la crise en quelques minutes.
- Thérapies hormonales ciblées pour les migraines cataméniales.
- Implants de neuromodulation (stimulation du ganglion sphénopalatin ou du nerf occipital) à l’étude pour les cas sévères.
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Avis médical : Cette fiche est fournie à titre éducatif uniquement. Consultez un·e neurologue ou un centre des céphalées pour un diagnostic personnalisé et des prescriptions adaptées.
Sources : International Headache Society, American Headache Society, National Institute of Neurological Disorders and Stroke