Goutte chronique
La goutte est une maladie métabolique liée aux dépôts de cristaux d'urate monosodique dans les articulations et les tissus à cause d'une hyperuricémie persistante. La goutte chronique se caractérise par des crises fréquentes, des tophus, des lésions articulaires et une atteinte rénale. Une stratégie "treat-to-target" avec traitement hypouricémiant permet de prévenir les crises et de résorber les tophus.
Facteurs de risque
- Génétique touchant les transporteurs d'urate (SLC2A9, ABCG2)
- Régimes riches en purines, sirops de maïs à haute teneur en fructose, alcool (bière, spiritueux)
- Obésité, syndrome métabolique, résistance à l'insuline
- Maladie rénale chronique, diurétiques, ciclosporine, tacrolimus
- Sexe masculin, femmes post-ménopausées
Symptœmes et phases
- Crises aiguës : monoarthrite brutale, intense (souvent MTP1), rougeur, chaleur
- Goutte intercritique : périodes asymptomatiques entre les crises
- Goutte tophacée chronique : tophus articulaires, bursaux, tendineux, pavillon ; déformations
- Néphrolithiase ou néphropathie à acide urique
Diagnostic
- Ponction articulaire montrant cristaux en aiguilles à biréfringence négative (gold standard)
- Acide urique sérique > 6,8 mg/dL (peut être normal pendant une crise)
- Imagerie : signe du double contour en échographie, scanner double énergie pour les dépôts
- Évaluer fonction rénale, traitements, comorbidités
Stratégie thérapeutique
Gestion d'une crise aiguë
- AINS, colchicine (schéma faible dose) ou glucocorticoïdes (per os/intra-articulaire)
- Inhibiteurs de l'IL-1 (anakinra) pour crises réfractaires
- Traiter rapidement ; maintenir le traitement hypouricémiant pendant la crise
Traitement hypouricémiant (objectif)
- Allopurinol (1re ligne) : début 100 mg/j puis titration ; doses élevées possibles avec surveillance
- Fébuxostat en cas d'intolérance à l'allopurinol ; surveiller le risque CV
- Uricosuriques (probénécide, lésinurad) si sous-excrétion ; nécessitent une bonne fonction rénale
- Pegloticase pour goutte tophacée sévère réfractaire
- Cible uratémique < 6 mg/dL (ou < 5 mg/dL si tophus)
- Prophylaxie (colchicine, AINS) pendant 3 à 6 mois lors de l'instauration pour éviter les crises
Mode de vie et comorbidités
- Limiter alcool (surtout bière), boissons sucrées, portions riches en purines
- Perte de poids, activité physique, contrôle TA/glycémie/lipides
- Hydratation adéquate ; surveiller les calculs rénaux
Vivre avec la goutte chronique
- Suivre acidémie urique, traitements, crises, déclencheurs (alimentation, alcool, déshydratation)
- Assurer l'observance : un traitement continu prévient les attaques
- Protéger les articulations avec des chaussures adaptées, kinésithérapie
- Prendre en charge la santé mentale : douleur chronique et stigmatisation fréquentes
Complications
- Destruction articulaire chronique, déformations, handicap
- Calculs rénaux à l'acide urique ou maladie rénale chronique
- Maladies cardiovasculaires associées
- Infections/ulcérations des tophus
Recherche et perspectives
Les efforts portent sur de nouveaux uricosuriques, des biologiques ciblant les transporteurs et des algorithmes de dose personnalisés.
Traitements expérimentaux et émergents
- Inhibiteurs URAT1/GLUT9 : augmentent l'excrétion rénale avec moins d'interactions médicamenteuses.
- Pegloticase + immunomodulateurs : association méthotrexate réduisant les anticorps anti-médicament et les réactions d'infusion.
- Thérapie génique : corrections des défauts du métabolisme des purines ou augmentation de l'uricase.
- Outils d'observance connectés : piluliers/patchs intelligents surveillant la prise pour limiter les crises.
Suivre la goutte avec Diagnoza.care
Gardez l'acide urique sous contrôle — consignez l'uricémie, les crises, la taille des tophus, les médicaments, l'alimentation, l'alcool, l'hydratation et les traitements des comorbidités ; planifiez les visites en rhumatologie ; notez les effets secondaires et laissez l'IA signaler un objectif non atteint.
Avis médical : information générale. Travaillez avec votre rhumatologue ou médecin traitant pour personnaliser le traitement hypouricémiant, surveiller les comorbidités et gérer les crises en sécurité.